L’émission s’arrête, mais :

1. Restez en contact avec Lucas, le producteur d’utopod, pour être tenus au courant de ses projets futurs sur la Toile. Inscrivez-vous à sa newsletter en lui envoyant un mail vide intitulé « Lettre d’info de Lucas ». Et rejoignez-le aussi sur Twitter.

2. L’ensemble des épisodes restent disponibles sur le site et via le flux. Utopod devient ainsi un fonds audio électronique de nouvelles francophones de l’imaginaire !

Chères auditrices, chers auditeurs,

Vous aurez compris au titre de cet article de quoi il est question. Avant de vous expliquer les raisons de ma décision, je tiens à commencer par deux touches positives.

Premièrement, un message capital en trois mots : restons en contact ! L’année prochaine, j’ai dans l’idée de mettre sur pied un blog personnel à l’anglo-saxonne, avec diffusion de mes nouvelles – sans aucune restriction de partage ni blocage électronique – au format texte et sans doute aussi au format audio, selon la même formule et les mêmes critères de qualité qu’utopod. De manière plus générale, qui sait, il n’est pas impossible qu’un jour je lance un nouveau projet littéraire en ligne, et le moment venu je trouverais vraiment dommage d’avoir perdu le contact avec vous, les auditeurs d’utopod, friands de bons textes et d’initiatives innovantes sur la Toile. Alors voici une solution très simple pour éviter cela : écrivez-moi un mail vide en mettant dans le titre « Lettre d’information de Lucas ». Ainsi, vous serez tenus au courant de mes projets actuels et futurs.

Deuxième point positif : utopod s’arrête, mais le site et le flux demeurent actifs, ce qui signifie que l’ensemble des épisodes restent indéfiniment à disposition des internautes. Utopod devient ainsi une sorte de fonds audio électronique de nouvelles francophones de SF, de fantastique, d’horreur et de fantasy.

Passons à l’essentiel : après pas loin de quatre ans de bons et loyaux services, j’ai pris la décision de mettre un terme à utopod. L’épisode 045 était donc le dernier. Je ne passerai pas le flambeau, ce qui veut dire que l’émission s’arrête pour de bon.

J’ai fait ce choix pour une raison bien simple : utopod me prend un temps énorme et rogne sur mon temps d’écriture personnelle. Pour vous donner une idée, voici le travail que demande la production d’un épisode : lecture de revues, de recueils et d’anthologies en continu ; démarches administratives concernant les droits d’exploitation audio du texte retenu ; travail d’édition et d’adaptation de la nouvelle en collaboration avec l’écrivain ; gestion du « calendrier comédiens » ; travail sonore sur le fichier audio que m’envoie le lecteur ; recherches biobibliographiques sur l’auteur ; écriture, enregistrement puis montage de l’introduction et de l’épilogue ; montage et nettoyage global de l’épisode ; rédaction de l’article de blog ; rédaction des mails de promotion ; puis, lorsqu’il y a un souci technique sur le flux ou le site, correspondance avec le webmaster jusqu’à ce que le problème soit résolu. Et je ne compte pas toutes les tâches annexes qui sont nécessaires au bon fonctionnement de l’émission mais que je dois laisser de côté par manque de temps. Je pense avant tout aux recherches de fonds en vue de rémunérer décemment les auteurs, les ingénieurs du son et les comédiens – qui en tant que professionnels du métier fournissent un travail colossal pour pas grand-chose, voire souvent gratuitement. Je pense aussi aux démarches de marketing sur la Toile, au développement de collaborations commerciales solides et à l’établissement de partenariats avec des maisons d’édition et d’autres structures.

L’équation est simple : plus le niveau de qualité d’utopod augmente, plus la barre est placée haut et plus la professionnalisation de l’émission devient urgente. Je devrais fonder une petite société et y consacrer un gros pourcentage de mon temps pour que la machine tourne. De cette façon, je pourrais enfin payer correctement les divers intervenants, prévoir un petit salaire pour moi et répondre au souhait légitime des auditeurs : plus de textes inédits, plus d’épisodes, bref plus de quantité et de qualité.

L’ennui, c’est que mon objectif et mon désir ne se trouvent pas là. Ma priorité, c’est l’écriture, or je constate que depuis un bon bout de temps utopod prend le pas sur celle-ci. Déjà maintenant la charge de travail est trop importante pour moi.

Je pourrais déléguer, constituer une équipe de bénévoles pour m’épauler, sous-traiter en quelque sorte, mais j’avoue que j’aime faire cavalier seul, que je suis un incorrigible perfectionniste et que je crois au proverbe : « On n’est jamais si bien servi que par soi-même. » En outre, il faudrait de toute façon gérer l’équipe en question. Et puis l’idée du bénévolat, pour être sincère, ne m’enchante plus tellement.

Ma décision est donc prise : j’ai envie de consacrer tout mon temps libre à l’écriture et de travailler sérieusement à ma carrière d’auteur.

Utopod a été une aventure merveilleuse, enrichissante, euphorisante, qui m’a fait rencontrer des gens formidables, qui m’a procuré immensément de joie, qui m’a permis d’acquérir un métier – ou plusieurs métiers, devrais-je écrire, puisque le podcasting littéraire se situe à la conjonction de nombreux domaines de compétence. Bref, c’était un voyage exceptionnel, unique, et je ne regrette pas la moindre seconde passée à travailler sur l’émission. Je désire simplement passer à autre chose.

Je m’en vais rassuré, par ailleurs, parce que je vois fleurir sur la Toile quantité de projets littéraires innovants qui indiquent une relève saine et réjouissante. Citons par exemple Angle Mort, nouvelle revue électronique francophone très ambitieuse et très prometteuse ; Le Palais des déviants, un podcast old school à la saveur incomparable porté par l’érudition du professeur Étienne et du docteur Laurent ; Les Lyonnes de la SF, un autre podcast de SF très sympathique créé bien avant utopod et qui poursuit à ce jour ses émissions avec passion ; Donner de la voix, un podzine littéraire qui diffuse des lectures sur le modèle d’utopod ; Onirismes, une revue électronique qui devrait voir le jour l’année prochaine. Et il y a bien d’autres initiatives de ce type ! La Toile francophone bouge, les projets littéraires abondent et la relève est assurée !

Avant de vous dire au revoir, j’aimerais remercier toutes celles et tous ceux qui ont contribué à faire exister utopod. La liste est longue :

  • mon épouse Stéphanie, qui a supporté et soutenu son podcasteur de mari pendant près de quatre ans, et sans qui utopod – comme tant d’autres choses – n’aurait tout simplement pas été possible ;
  • l’équipe d’ingénieurs du son et de comédiens professionnels, aussi talentueux que généreux, qui ont créé de la magie et nous ont fait rêver pendant toutes ces années ;
  • les auditeurs, pour leur fidélité, leur enthousiasme, leurs dons, leurs messages d’encouragement (une mention spéciale pour Antoine et Cédric) ;
  • les auteurs (notamment les pionniers et les récidivistes, comme Xavier Mauméjean, Ugo Bellagamba, Johan Heliot, Catherine Dufour), parce qu’ils m’ont fait confiance à un moment où la baladodiffusion était un média méconnu en francophonie et avait toutes ses preuves à faire, et bien sûr aussi pour leurs captivantes histoires ;
  • les illustrateurs (spécial dédicace à Aurélien Police), qui par leurs superbes visuels ont contribué à donner à utopod sa marque de fabrique ;
  • Clément Bourgoin, pour sa générosité dès les premiers jours de l’émission (notamment le gros don versé par sa librairie Ys), le superbe site qu’il nous a concocté pour une bouchée de pain et sa gestion du flux depuis l’été 2009 ;
  • Marc Tiefenauer, cofondateur de l’émission, pour l’énergie investie aux premiers temps du projet, les lectures et le webmastering jusqu’à la reprise par Clément ;
  • les sponsors (l’AMDA et la Maison d’Ailleurs) pour leur soutien financier et les collaborations rendues possibles ;
  • les partenaires du site, pour leur soutien, la pub croisée, les articles et interviews accordés ;
  • les éditeurs partenaires (les revues Solaris, Bifrost, Galaxies et Lunatique ainsi que les éditeurs Fleurus, Mango, EONS et ActuSF pour leurs services de presse réguliers) ;
  • toutes les maisons d’édition et revues qui se sont prêtées au jeu de la collaboration éditoriale, pour leur ouverture d’esprit et leur modernité ;
  • les festivals (Imaginales, Utopiales) et les jurys de prix (Grand prix de l’imaginaire, Prix Bob Morane, Prix Imaginales), pour la reconnaissance ;
  • les potes de la SF romande, pour leur soutien indéfectible, leur foi(e), les pingus, les bières ;
  • de manière générale, toutes celles et tous ceux qui m’ont témoigné de la confiance et de la reconnaissance, qui malgré la force du courant ont cru à un concept différent, à un média littéraire nouveau, à un projet improbable ;
  • l’ensemble des personnes que j’aurais oubliées, à qui je présente mes excuses (quatre ans de navigation, c’est beaucoup : on voit passer une foule de marins).

Une fois encore, chers lecteurs et auditeurs, gardons le contact ; après tant de temps passé ensemble, tant de choses partagées, il serait vraiment dommage de se perdre de vue ! N’oubliez pas : il est fort probable que je diffuse mes nouvelles aux formats texte et audio sur le Web dès l’année prochaine ! Inscrivez-vous à ma lettre d’information en m’envoyant un mail vide intitulé « Lettre d’info de Lucas » ! Et rejoignez-moi également sur Twitter.

À une prochaine fois peut-être, sur la Toile ou en live, au détour d’un festival ou ailleurs.

Avec toutes mes amitiés éditoriales,
Lucas Moreno éditeur et producteur d’utopod